mardi 9 août 2011

Bombs over Gstaadt.

Et ben là, je donnerais facilement à peu près tout (sauf le chien), pour que quelqu'un m'appelle et me dise "Ryanair fait péter les places pas chères, on va où?". Avec l'obligation d'aller là où jamais on n'a posé un pied. Là où personne ne nous connait ou n'a nécessairement envie de. Mais on peut toujours les surprendre.
Puis sentir le décollage. Et se dire putain, ça va commencer à être loin d'ici.

Loin. Je t'aime tellement, Loin.

dimanche 31 juillet 2011

Open the brackets.

Bordel ce que j'aurais aimé être une note de bas de page. Histoire de passer inaperçue. Le truc qu'on ne voit pas, que personne ne lit, qui souvent prend de la place pour rien, mais qui parfois peut servir. A la demande quoi. En moins erratique que Belgacom TV, en moins sexuellement connoté que le room service. Donc oui je suis bien en train d'écrire mon mémoire, à ma surprise la plus générale.
Sinon j'aurais aimé être un bison aussi. Ou un yak. Un bel animal bien solide, planté sur ses nobles pattes au milieu de la pampa (j'aime bien "pampa" comme mot, et ça ne revient pas assez dans le discours publique), que personne ne vient faire chier avec des papiers de mutuelle par exemple. En plus je viens de vérifier sur Google, les bisons habitent bien dans la pampa, le bol. Il y a même un joli livre en allemand dessus. On est gâtés tsé.

mercredi 27 juillet 2011

Qu'il fut doux d'être enfant.






















Take time with a wounded hand, cause it likes to heal
Take time with a wounded hand, cause I like to steal.
 Stone Temple Pilots - Creep






La vie est parfois une grosse toupie multicolore, et me file de temps à autre la gerbe. Ce que j'ai en ligne de mire en écrivant ça: la perception qu'ont les autres de notre charmante personne.

Remontons le temps et arrêtons-nous à une bonne quinzaine d'années (en gros de mes 8 à 16 ans): j'étais alors, comme mes petits camarades me le scandaient régulièrement, grosse. J'avais également la tare d'être dans les premiers de classe, ce qui comme chacun sait est très mauvais: les défauts ne s'additionnent pas, ils se multiplient de manière exponentielle. J'avais donc l'outrecuidance d'être dotée d'une anatomie à géométrie variable et en plus je ne me faisais même pas oublier en étant cancre-moyenne. La lose, mec. Mais bon, comme je n'étais pas bien méchante et déjà bien conne sur le plan humain (bonne poire 4ever hein), les remarques pas du tout blessantes s'apparentaient généralement à "elle est gentille...mais dommage qu'elle soit grosse". Je n'ai jamais compris ce que l'un et l'autre de ces attributs faisaient dans la même phrase, mais soit. Le comportement à mon égard de mes camarades, ainsi que celui des instituteurs mais également des autres adultes, était souvent un brin hostile. J'ai mis des années à comprendre pourquoi, tout en ployant l'échine sous le poids de ces mots de plomb: le gros gosse, tu as envie de lui botter le cul. Pour qu'il maigrisse, déjà, parce que plus tard ça sera encore plus galère, mais aussi parce que tout ce gras, ça n'inspire que la paresse, la lenteur, la mollesse. Bref, tu as envie de lui gueuler "MAIS BOUGE-TOI". Et surtout tu utilises bien le mot "gros" à toutes les sauces, histoire que l'intéressé en ait une indigestion jusqu'au restant de ses jours.

Chemin faisant, j'ai perdu très soudainement une bonne partie de masse corporelle à l'adolescence. Et là, alors que j'attendais ça depuis des années, je n'ai pu m'empêcher d'observer le changement d'attitude des gens à mon égard. Les mecs, forcément, ont revu un peu leur jugement. Mais les adultes également. Finis les gestes d'impatience à la caisse quand tu ne trouves pas ta monnaie, les moqueries dans le bus quand tu passes devant les rangées latérales (oui celles du milieu, qui font un peu jury), les soupirs excédés quand tu ne marches pas assez vite dans la rue et j'en passe. Le choc. Et non, je n'exagère même pas, c'est ça le pire. J'ai mis du temps à me faire à cette nouvelle enveloppe, mon poids jouant gentiment au yoyo comme celui de pas mal de filles, mes complexes ont demeuré. 

Et récemment, j'ai vraiment perdu du poids. Cette fois-ci, on me dit que je suis maigre. Et là je rigole. Parce que ça m'en a bouffé du temps de mes 27 années, mais j'ai enfin compris. Ca n'ira jamais. Chacun voit ce qu'il a envie de voir, obéit à ses goûts, ses valeurs (parfois de merde, voir virgule précédente), ses envies. Pour ma part ça me plaît, sauf de me faire qualifier d'anorexique par un médecin, qui ignorait que juste avant de le voir, j'avais déjeuné de saucisson et de Schoko-bons (et sans me faire vomir après, HA).
Cependant soyons réalistes, j'ai compris mais pas pansé. Les remarques du passé ont laissé des griffes bien plus profondes sur ma carapace pas encore formée à l'époque, que celle d'aujourd'hui sur ma cuirasse (en carton certes, mais cuirasse quand même). Et il m'en reste encore des phobies, putain...


mardi 26 juillet 2011

Yes, we can't.





Avec lui je serai plus fort, il m'aidera dans les moments durs,
Avec lui je frimerai à mort, il m'aidera et guérira mes blessures.
Stupeflip - Ce petit blouson en daim




J'ai toujours bien aimé les pubs, le matraquage, la lobotomie commerciale. De la pub de bouffe pour chat qui fait "miau miau miau miau" à "tu me prêtes tes poils?" de Kiss Cool. Déjà quand j'étais un tout petit animal inoffensif, je contemplais les pubs Mattel et enviais ces petites filles au regard brillant, aux anglaises blondes si soyeuses et au coffre à jouets aussi empli que le mien mais en mieux, forcément. A chaque nouveauté annoncée, je partais à la chasse au Delhaize lors des courses hebdomadaires, me faisant piéger avec délice et consentement.
Alors une fois un peu grandie (point culminant : 1m64), je me suis tout naturellement tournée vers cette branche. De toute façon, astronaute j'aurais vomi dans la machine d'entraînement qui tourne, et ma condition physique de rêve m'empêchait de me laisser glisser en rond sur la rampe des pompiers. Bref, j'ai donc totalement par hasard fait un stage en relations publiques dans une belle agence de pub à Bruxelles, quand la crise ne menaçait pas, que tout le monde était jovial et insouciant et dilapidait l'argent de la dernière campagne (on préfère d'ailleurs dire business mais bon) dans des petits-déjeuners et brunchs pantagruéliques. J'aimais bien cette ambiance au départ, tout le monde se tutoyait, le mec du studio avait des tatouages partout, on m'envoyait acheter des cadeaux pour les clients, à qui d'ailleurs j'écrivais des cartes d'anniversaire.
Et puis mon stage en tant que copywriter a commencé. Mon art director s'appelait aussi Johanna, mais nous n'étions clairement pas du même monde. En gros, durant un mois, nous n'avons jamais trouvé de point d'équilibre et avons fini par nous nier royalement la gueule, ça valait mieux. Cette situation m'a quelque peu paniquée et m'a fait prendre conscience de la chose suivante : ton AD, c'est ton concubin +++. Parce qu'on passe des heeeeures ensemble à pinailler sur des détails refusés par le client, qu'on part en voyage à deux à Cuba vu qu'un tournage là-bas coûte moins cher qu'en Espagne, etc. Et vu qu'en mecs et en relations je n'étais déjà pas très douée, j'ai préféré reprendre des études, faire un master en commu pour aboutir à je ne sais pas trop quoi comme profession au final, mais pas publicitaire. Ce qui est d'ailleurs très con parce que je me rends compte aujourd'hui que c'est peut-être la seule voie qui s'ouvre à moi. Mais soit.

Tout ça pour dire que je n'avais pas de regrets. Jusqu'au jour où j'ai entendu ces mots magiques: "C'est peut-être à cause du chien qui regarde... Problème d'érection? N'hésitez pas à en parler". 

Merci au service public qui a le don d'exiger et de valider les plus belles campagnes.


lundi 25 juillet 2011

Lettre ouverte à Google +.




Cher Google +,


                    Avant même que tu ne naisses, j'étais déjà une fervente adepte de tes parents. Les invitations Gmail avaient à l'époque excité ma convoitise au plus haut point, et quand Blogger a jailli des limbes de Google, je m'y suis précipitée, séduite par ce fallacieux et démagogique argument de log-in: "cessons de délocaliser". De changer de nom d'utilisateur et de mot de passe pour chaque site, de devoir répéter cette si épuisante rengaine qu'est "déconnecter - bonjour, êtes-vous déjà inscrit? oui-non". En fait, ça donne un peu l'impression d'être bien au chaud à s'baraque, chaque petit animal dans son panier, tout est bien rangé. C'était rassurant, ça me donnait le sentiment d'être entourée, d'appartenir, plus qu'à une entité, à communauté, avec son identité propre. Même si la démarche s'est arrêtée à mon salon hein. C'était un peu le mondialisme mais en moins éthiquement dérangeant, car pour l'instant on ne délocalise pas le tissage des flux de kilooctets dans des usines asiatiques. Aujourd'hui, on a encore plus sentiment d'appartenir à une tribu : si l'un des outils plante (par exemple Gmail), pas de problème, maintenant on se chope sur toi, Google +. Tu nous proposes en fait un concept totalement inédit, si on n'est pas trop regardants: un avatar, une section infos et une section photos. Et bien sûr, DM (direct message pour faire la twittos), live chat (d'ailleurs, Google +, tu as tellement fait de mal à Mark qu'il a décidé de bousiller celui de Facebook) et autres petites gâteries 3.0. telles la visioconférence et le si exotique "like".
Ne mentons pas, j'ai aimé cette symbiose, cette harmonie des outils communicationnels. Comme un mode de vie et pas comme une mode tout court. Pas comme on a aimé les Buffalos en 99 pour se rendre compte des années plus tard qu'on aurait mieux fait de rester aux Palladiums. Non. C'est  bien un mode de vie pour moi, car je crois en la communication multifonctionnelle, multidirectionnelle et d'autres mots en poly- qui font bien (et en la licorne rose invisible aussi mais ça c'est autre chose).

Le revers de toutes ces paillettes est ma foi le plus simple et évident des vices de l'interdépendance : une trop grande interdépendance. Faisant fi de cet adage par trop poussiéreux, docilement, j'ai donc uploadé sur toi un album regroupant les photos de mon blog. Fort bien me dis-je, mais il y en a quelques-unes (beaucoup) que bof. Je m'empressai donc de les effacer, et quelle ne fut pas ma surprise, à l'ouverture de mon blog, de constater que ces images ne se sont pas contentées de s'éclipser de cet album, mais également de mon blog. Dans la mesure où il s'agit de ma 6e année de bloggage, et donc d'entassage de photos, je crois que tu peux, cher Google +, comprendre mon désarroi et mon envie de dire "fffFFFFuuuUUU".
Et pourtant je ne t'en veux pas.
Je saisis ta logique d'interconnexion, tu vois. Mais, comme avec le minitel, l'EyeToy ou le ping pong à jouer sur sa télé dans les 70's : l'humanité n'est pas prête. Alors s'il te plaît, ne nous fais pas prononcer cette sentence de hipster blasé "c'est bien mais ça sert à rien",  car on sait tous que tu peux faire mieux que ça. Et n'oublie pas que même si je suis restée polie, il y en a quelques-uns qui se foutent déjà bien de toi. 

En espérant que tu ne nous oublieras pas, nous, les utilisateurs lambdas.

Johanna


dimanche 24 juillet 2011

That's sugarcane that tasted good.







Dis-moi.



Dis-moi comment j'en suis arrivée là. A avoir 27 ans, à contenir des spasmes de douleur dans un gros sweat informe et gris, avec pour seule compagnie un fuckn legging troué. A avoir les yeux rougis et pas maquillés un dimanche matin, tout en écoutant pour la 500e fois la même chanson. Non pas à cause d'une sortie délirante finie aux aurores, non. Enfin je dis qu'on est dimanche, mais hier aussi c'était dimanche. C'est très souvent dimanche ces derniers temps je trouve. Alors que ce jour m'a toujours monumentalement foutu la gerbe. C'est le jour où tout retombe comme un vieux soufflé, où tout sera à refaire le lendemain.
Bref, si ma rétine est rayée, c'est à cause d'un certain .doc, entamé il y a trop longtemps et pas bien entretenu, pas trop choyé. Ce truc qui contient plus de notes en bas de page que de pages, justement. A rendre le 16. Avec "Travail de fin d'études" écrit dessus. Et probablement des fautes d'inattention dedans. Comment j'en suis arrivée là, alors qu'à 22 ans je frétillais. L'ULB a tué cette frétillance en même temps que mes espoirs de parvenir un jour à quelque chose d'honorable. J'ai perdu ma confiance en moi en parcourant les (petites) allées du PUB, en frayant tant bien que mal mon chemin dans des couloirs peuplés par des gens plus intelligents, plus appliqués, moins torturés que moi. C'est quand même con. Mais je compte sur les mois prochains pour me dire ce que j'y aurai gagné, sait-on jamais...


Brussels Summer 2011

Sur une échelle du chiant allant de 1 à Laurent Ruquier, je dirais que cette période se place sur un honnête 8. C'est-à-dire qu'on essaie de rigoler malgré le temps de merde, mais quelqu'un arrive toujours à faire retomber ce soufflé à peine monté. Ce qui est toujours mieux que pas de soufflé du tout, entendons-nous bien.

On se retourne deux secondes, et paf : les all-in turcs, tunisiens ou autre ne font plus le plein de jeunes cons, la Grèce a failli fermer boutique, un mec sourit tout en dégommant la Norvège et Amy part  soi-disant rejoindre Kurt et les autres au Club des 27. 

Si ces événements ou faits ou faits sont...divers, ce qui m'interpelle dans un autre domaine est la façon dont les bloggeurs et internautes sont hyper au taquet. C'est à qui balancera le tweet le plus exact en termes de victimes, qui updatera la page wiki du mort en premier, qui sera le plus rapide à relayer les fautes de frappe d'AFP sur son blog. En gros il faut donner la tendance, et vite, avant que la concurrence ne nous la pique, surtout. On connaissait déjà le principe chez les journaleux,  et on pouvait le comprendre (sans autant le cautionner) au vu des arguments de rémunération et de statut précaire du journaliste. Mais vu la rapidité des flux ici, il y a de quoi largement plus s'inquiéter. Le contenant est bien entendu très travaillé, on y met de la user-friendliness et du java et... et le contenu? Bah on verra ça un autre jour, de toute façon c'est déjà rebloggé.