Fatcha, je n'en reviens pas. Là d'un coup comme ça en feuilletant virtuellement Some e-cards, j'ai dit "ok", alors que personne ne me lançait particulièrement de défi. J'ai pris mon petit crayon, qui me semblait si inaccessible ces dernières années, son graphite s'attardant déjà sur le bout de mes doigts, comme au bon vieux temps (oui, je crois en l'estompe manuelle à la main). Et j'ai commencé à griffonner, comme autre fois, à frotter mes doigts partout pour faire fondre mes erreurs de traits, pour finalement être plus ou moins satisfaite. Après une abstinence de 5 ans, c'est passable. Mais, chose qui m'intéresse un brin plus, ça veut surtout dire qu'un de mes petits loquets mentaux vient de sauter, et même pas par forcing en plus, c'est fascinant. Je voudrais maintenant détruire celui de l'écriture. Et me mettre à vomir des pages et des pages de mémoire. Si seulement ça pouvait marcher...
samedi 23 juillet 2011
vendredi 22 juillet 2011
When you're 21, you're not fun.
J'eus sincèrement aimé que la vie soit un gros Tumblr, où l'on pourrait passer d'une image à l'autre sans lien apparent, en totale digression. Parfois, c'est vrai que ça y ressemble, mais souvent il faut faire preuve d'une certaine cohésion et s'embarrasser de codes et autres normes, pour normaliser quoi. Pas de bipolarité, de compulsions, d'attendrissement déplacé. Alors que passer de forever alone à du food porn, en jetant un oeil sur une awkward family photo, et bien ça me semble plus sain. Mais non. A la place il faut remplir des captchas (souvent 2 fois tellement ils sont de plus en plus illisibles) et se poser plein de questions, telles :
- écouter Arte durant son sommeil est-il réellement néfaste pour la vie sociale?
- les poêles Tefal rayées sont-elles vraiment cancérigènes?
- peut-on dignement se présenter à la présidentielle en s'appelant Poutou?
Vivement le web 4.0.
jeudi 21 juillet 2011
Oh mon dieu. Je ne mets même pas de titre, cette journée n'en mérite pas. On ne s'est jamais autant foutu de ma gueule, et pourtant "dieu" sait que. Même quand j'allais à la piscine étant gosse, je ne me sentais pas aussi humiliée que ce que j'ai pu ressentir aujourd'hui. Chacune de mes phrases a été contredite. Chacun de mes "symptômes" a été minimisé, ridiculisé, envoyé bien loin, genre dans la corbeille où ont atterri mes mouchoirs. La douleur? On vit avec elle. Limite on s'en délecte. De toute façon, tout le monde a mal au dos, c'est le mal du siècle, c'est universel, c'est d'ailleurs pour ce pseudo-mal que les synonymes ont été inventés. Depuis 11 ans, je me fous donc de ma gueule avec application. C'est vrai qu'il n'y a rien de plus exaltant qu'une course-relais dans les hôpitaux bruxellois. 45 min de...je n'ai pas de mots pour une fois. Et 45€, soit à peu près le même tarif qu'un téléphone rose de Club RTL. Putain, si j'avais su. Là j'ai juste eu envie de partir très loin, de me liquéfier pour disparaître sous son bureau, ou d'avoir la faculté de pouvoir m'évader par l'esprit (comme dans Sucker Punch mais en moins space-samouraï-monstres). Mais apparemment je n'ai pas encore les skills. Pour quoi que ce soit. Trop névrosée. Car tout est dans ma tête, tout n'est que complexe d'Electre (probablement parce que mes parents n'ont malheureusement jamais divorcé, cas classique), conflit enfance-adolescence non-résolu, manque de confiance en soi, mauvais choix d'études et anorexie. Mes canaux lacrymaux en hurlent encore, et si je les ai plus ou moins tenus hermétiques durant deux ans, ils ont tout rattrapé ce matin.
Je suis fatiguée, tsé.
mercredi 20 juillet 2011
Et si cette fois...
Voilà, rendez-vous dans 2h25 chez un potentiel nouvel ami : Jean-Philippe le rhumatologue. Et toujours ce stress, cette envie de déposer mes tripes directement sur son bureau pour lui montrer que je suis sérieuse. Que ce n'est pas parce que j'ai à peine l'air majeure que je n'ai pas le droit d'avoir envie de me griffer pour penser à autre chose. Et toujours les mêmes questions : va-t-il lui aussi se foutre de ma gueule, quel médicament indigeste va-t-il me prescrire, est-ce que le contact va bien passer? Gloss ou rouge-à-lèvres? Un peu comme un premier rendez-vous, mais en plus normalisé. Et si cette fois c'était la bonne, s'il pouvait me dire "ah mais oui j'ai eu un cas comme vous". Mieux vaut ne pas y penser?
dimanche 17 juillet 2011
Pump up the jam.
Daniel Radcliffe posant pour la pièce "Equus"...
samedi 16 juillet 2011
Was I right to leave?
She dreams in color, she dreams in red
Can't find a better man.
Pearl Jam - Better Man
J'ai vu tellement de salles d'attente et de cabinets de consultation ces derniers mois que j'ai bien envie d'écrire un guide. Genre mes meilleures adresses, les choses à éviter, la relation avec médecin. Dans un premier temps, un ou deux posts suffiront.
D'abord, distinguer le public du privé.
Chez un médecin privé, on est souvent reçu à la maison, comme les potes. Sauf qu'on est généralement accueilli par une secrétaire. On entre et c'est bien cosy, papier peint qui me rappelle le mercredi chez mes grands-parents (un subtil camaïeu d'orange et de brun : 50's are not so dead), tentures bien épaisses datant probablement de l'année où le praticien a eu son doctorat (s'il l'a bien eu, pour certains j'ai quand même eu des doutes). Les meubles sont aussi sombres que mes pensées au moment où j'effleure leur patine, le chêne sert peut-être à dire qu'ici c'est du sérieux, pas comme chez ces sauvageons des hôpitaux universitaires. Les affiches d'info-santé ne sont même plus déprimantes : quand je vois les "Vous sentez cette douleur? C'est probablement un CANCER", ça me fait plutôt penser aux news gentiment alarmistes de la Fox. Je m'assieds donc au ralenti à ce moment-là, les yeux rivés sur les photos de mannequins d'un jour à la peau parsemée de fleurs de cimetière, s'évertuant à enseigner au patient la posture à adopter dans diverses situations, dont souvent : en promenade avec les petits-enfants, au golf, au backgammon. Si j'avais déjà des doutes quant à ma naissance bien trop tardive, j'en ai là la confirmation. Les revues sont de type Paris Match et Gala, car à 50€ la séance, le public-cible est plutôt aisé, âgé, doté d'un intérêt certain pour le rapt de Charlène par Albert et l'installation d'un Stannah. Je me retiens souvent de subtiliser un "Nous Deux", par respect pour mon (vieux) prochain. Les regards (dussé-je dire les cataractes? Non hein, ça ira comme ça.) sont généralement rivés sur mes baskets ou les morceaux de métal incrustés dans ma peau mais se détournent bien vite, avec un demi-sourire, quand je les croise. Le silence est pesant, à peine masqué par une compil' de classique, les toussotements s'enchaînent. Le maître de cérémonie entre alors, en blouse blanche, lunetté, grisonnant à souhait. L'image du patriarche, universitaire de surcroît. La poignée de main est comme ailleurs révélatrice, voire déterminante pour la suite de la relation. Je ne sais pas si c'est à ce moment-là que je merde, ou si c'est plutôt quand je soupire après la fatale question "et donc qu'est-ce qui vous amène?":
- "11 ans." => trop pesant
- "11 ans de douleurs" => trop "Les Misérables", et allez, entre nous, qui crois-je duper?
- "en fait les anti-douleur/inflammatoires ne marchent pas" => pas de problème, je ressortirai sans avoir avancé d'un pas mais dans mon sac seront bien sagement pliées 3 ordonnances, "juste au cas où ça ne serait pas efficace mais j'en doute"
- et je ne continue pas.
Une des possibles raisons de mon insuccès auprès de la caducée peut également être mon manque de répartie face à des questions ou assertions purement dégueulasses/discriminantes/pleines de préjugés quant à mon âge :
- vous fumez?
- non.
- ah vraiment?? (rictus moqueur)
- vous buvez?
- euh la dernière fois c'était il y a 6 mois
- oui, donc régulièrement.
Pour conclure, ce qui me fascine, et ce particulièrement chez les médecins privés, c'est cette facilité à détourner la conversation de ma question première, à savoir : "pourquoi vous ne trouvez pas ce que j'ai?" ou "pourquoi aucun traitement ne marche?". A ce moment, je ne sais même plus ce qu'ils peuvent me raconter, blabla c'est trop profond, c'est vraiment curieux mais c'est possible, on verra à la prochaine séance. J'ai surtout l'impression que le privé cherche davantage à fidéliser le chaland que son homologue publique, qui, nous le verrons, est plutôt porté sur l'outsourcing ou ordonnance pour examens médicaux à outrance. Pour les premiers, il doit s'agir d'une question de résidence secondaire à la Baule à entretenir probablement.
Prochain post sur la pugnacité (pas forcément plus payante) du secteur hospitalier, donc.
Glucose x amertume
Le croissant du matin, c'est pour faire passer l'amertume du passé. Le goût âcre de l'ignorance, de l'indifférence, mélangé à celui plus prononcé à mes yeux du déni. J'ai eu du mal à digérer tout ça, pendant des années au moins et le café au lait n'arrangera rien... Je n'arrive pas vraiment à dire si je lui en veux de m'avoir délaissée, de m'avoir souvent fait passer après, alors que j'étais pourtant seule et encore bien désarmée. Et lui, n'en parlons même pas. Non, n'en parlons pas car il n'est même pas pris en compte, alors que c'est un peu triste d'avoir enchaîné les échecs.
Toujours aujourd'hui, je regarde ce croissant et me demande ce qui se cache là-dedans : pardon ou non merci?
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